mercredi 19 août 2015

Kaleb Tome 3 - Myra Eljundir



Quatrième de couverture :

La prophétie du volcan prédit l'avènement d'une nouvelle ère, initiée par l'Elu... Or qui, de Kaleb, Abigail, le colonel Bergsson ou encore Mary-Ann bouleversera à jamais le destin des enfants du volcan ? Et si la mort est la clé, tous ne sont-ils pas des morts en sursis ? Seul le Livre du volcan peut apporter des réponses à Kaleb et lui permettre de survivre au volcan qu'il a réveillé. Mais le tenir entre ses mains peut se révéler plus destructeur que tout... Ce dernier tome de la trilogie de Kaleb lève le voile sur une mythologie qui prend racine bien au-delà de ce que vous pouviez imaginer. Plus que jamais, il est question de pouvoir, de sombre passion, de manipulation machiavélique et du parfum sulfureux d'une saga millénaire dont le dénouement pourrait bien vous faire penser que tout est bien qui finit mal.


Mon avis :

J'ai rarement trouvé une lecture aussi difficile. Aussi infiniment impossible. Aussi cruellement douloureuse...A finir.

Pour aborder la suite de cette chronique, comprenez bien mon état d'esprit : je me suis forcée à grands renforts de soupirs, d'injures, de prières et de roulages d'yeux à aller jusqu'au bout de ce bouquin.
Mon problème : je déteste l'idée même de ne pas finir un livre que j'ai commencé. Le problème de Myra Eljundir : elle m'a fait détester le fait de détester l'idée même de ne pas finir un livre que j'ai commencé.

La plume est d'une médiocrité terrifiante. Elle m'a, littéralement, dégoûtée. Que ce soit par ses tournures de phrases indécentes tant elles sont mauvaises, bâclées, que par ses ajouts de mots anglais pour faire style que, oui, ce sont bien des "djeun's" qui parlent (le fucking à tout bout de champ tape sur le FUCKING système Myra et n'utilise pas l'excuse que ton personnage est américain. Les stéréotypes ne sont pas vraiment un argument en ta faveur). Ne parlons même pas des "j'en ai rien à foutre" et autres joyeusetés du genre qui semble démontrer que les jeunes de nos jours ne sont pas foutus de faire une phrase sans jurer 36 fois à la seconde. Il y a, en plus, des phrases, qui d'un point de vue strictement grammatical, sont d'une laideur sans nom pour quelqu'un qui se dit écrivain. Mais après tout, c'est de la littérature jeunesse, alors on s'en balance tant que les pauvres dégénérés du bulbe qui nous servent d'adolescents comprennent.

Langue française, mon amie, te voilà trop kitsch pour nos contemporains.

Je pourrais parler de l'histoire, si tenté qu'il y en ait une. Alors, oui, effectivement, l'intrigue de base suit son cours. Tant et si bien d'ailleurs qu'on est toujours aussi largué que dans le Tome 2. Qui est l'Elu, pourquoi ? Comment ? Que signifie vraiment la prophétie ? Qui l'a écrite ?

Et cette putain de prophétie de merde d'ailleurs (tu vois Myra, moi aussi je peux être en accord avec ma génération) a fini par me hérisser le poil. On a le droit à TOUTES ses versions, et ce, pas moins de 10 FOIS au cours de la lecture. Parce que oui, l'auteure nous offre en exclusivité live, la découverte du Livre du Volcan. Le vrai, l'intemporel, le magnifique.
Je dois avouer qu'au début (les 50 premières pages en gros), j'ai apprécié les passages du Livre du Volcan. Ca nous donnait enfin les clés de l'intrigue et c'était les passages les mieux écrits de ce tome. Ca aurait pu être cool jusqu'au bout. Sauf que l'auteure nous présente Le Scribe, détenteur et gardien du Livre du Volcan, un EDV spécial dont le pouvoir est justement de retranscrire l'histoire de son espèce et de la transmettre aux générations futures. Mais, là, surprise, Le Scribe est...(suspens haletant vous en conviendrez) Myra Eljundir.

Qu'on m'explique. Ton nom est sur la couverture non ? Ah, oui. Il l'est. 
Aaaaaah ! (gros rire gras d'adolescent attardé) Genre Le Scribe porte ton nom parce que son job c'est comme le tien au final et genre ça donne comme une double dimension au livre, style c'est peut-être la réalité ou c'est peut-être juste de la fiction ou...Ouais enfin voilà quoi putain. Bordel de merde. T'utilises trop bien la mise en abyme Myra !

Non Alex, les adolescents attardés ne savent pas ce qu'est la mise en abyme.

Alors oui d'ailleurs. Telle est la question. Effet de style ? Message subliminal cachant une réflexion philosophique poussée ?
Ou juste un grave manque d'inspiration et un narcissisme à peine voilé ?

En effet, telle est la question.

Le problème avec cette fabuleuse idée d'inclure des passages du Livre du Volcan dans ce tome 3 c'est que, pour un bouquin de 441 pages qui arbore une police qui frise la psychose ophtalmologique, le reste de l'histoire est tellement survolée qu'on se demande si elle est vraiment finie. Les personnages principaux apparaissent au gré des phrases, jetant une réplique minimale par-ci par-là, histoire de faire avancer le schmilblick. Les personnages secondaires, eux, restent fidèles à leurs prestations dans le tome 2 : invisibles et inutiles. Et toute la bataille finale qu'on attend depuis 3 tomes dure approximativement 30 secondes. Du coup, vous vous doutez bien que j'ai les glandes. Et pas qu'un peu.
J'avoue tout de même avoir été surprise par la fin. Le dénouement était, à ma plus grande surprise, une idée originale.

C'est bien le seul compliment que je peux faire à ce bouquin.

En ce qui concerne le reste de l'intrigue ou des révélations du Livre du Volcan j'ai trouvé ça d'un malsain inquiétant. Et mes amis m'appellent Satan donc je suis sacrément ouverte d'esprit.
Myra, je ne sais pas quel est ton problème avec l'inceste mais même sans être Empathe, je peux t'assurer qu'il faut te faire soigner. De toute urgence.
Je veux dire, une première fois c'est cool. Ca donne une certaine dimension au côté obscur recherché dans ta trilogie. Et puis, mine de rien, ça existe, donc c'est sympa de voir un sujet aussi tabou dans de la littérature jeunesse. Ca change, ça a le mérite de faire réagir les gens et ça permet d'aborder les personnages en question de manière différente.
Mais trois fois c'est juste obsessionnel. Juste de très mauvais goût. Alors ouais fallait bien ça pour qu'ils nous pondent des EDV supra forts et puissants, capables de changer le monde et sa tyrannie. Ouais, okay. Sinon, Hitler avait aussi les mêmes idées de pureté raciale et il s'est pas tapé sa mère à ce que je sache.
Donc non. Trop d'inceste tue l'inceste et surtout ma santé mentale déjà brutalisée par ton écriture.

En résumé, ton homonyme apparaît plus que tes personnages. Vous auriez du échanger les places avec Kaleb sur la couverture. Ca aurait été plus cool pour toi Myra.
Le potentiel de ton histoire s'est fait la malle avec tes Bescherelle apparemment.
Tu as réussi à pourrir toute la mythologie nordique en utilisant des références à Odin, Loki et Lofè sans les maîtriser.
Et ta pseudo tentative finale pour intégrer une autre "relation amoureuse minoritaire" m'a fait tellement marrer que j'ai pensé à t'attribuer un 20/20 juste pour le culot d'avoir fait publier une daube pareille.

Mais non.

Ma note :

2/20

(il y a des arbres qui sont morts pour ça tout de même)





mardi 18 août 2015

Les Radley - Matt Haig



Quatrième de couverture :

Adieu les Grateful Dead, bonjour Simon & Garfunkel ! Peter et Helen Radley ont renoncé à leurs instincts vampiriques pour élever leurs deux enfants, Rowan et Clara. Se soumettant aux règles du Manuel de l’abstinence, destiné aux vampires qui souhaitent s’intégrer à la société, ils mènent depuis dix-sept ans une existence tranquille et terne dans une petite ville de province anglaise. Peter est médecin, Helen femme au foyer. Ils s’ennuient terriblement, mais ont le sentiment du devoir accompli. Jusqu’au jour où leurs enfants devenus ados découvrent leur condition de vampires et comprennent que leurs parents leur ont toujours mentis.


Mon avis :

Alors.
Non.
Vraiment pas.

Les Radley avait, à première vue, tout pour me plaire :
- une nouvelle approche des vampires
- un ton teinté d'humour british et de cynisme
- une vague intrigue policière pour rajouter un peu de piment à l'histoire
- des vampires
- des vampires ados
- des vampires adultes
- des vampires

Sauf que, à l'instar de Twilight et ses vampires végétariens à deux balles, les Radley, eux, ne boivent carrément plus de sang, mangent comme des humains, vivent comme des humains et se font passablement chier comme des humains.

Bram Stoker, mon amour, pardonne-nous nos pêchés.

WHY IN THE FUCKING HELL ?

Voilà le topo : un vampire qui ne boit pas de sang, ça meurt. Un vampire qui mange des tartines au p'tit déj et qui sirote son café peinard, ça meurt. A part si la FUCKING TARTINE EN QUESTION, a de la marmelade B+ comme accompagnement.
Et comble du blasphème, un vampire qui va au soleil, ça meurt. CA NE BRILLE PAS ! ET SURTOUT, CA NE SE TAPE PAS DE L'ECZEMA QUAND CA NE MET PAS ASSEZ DE CREME SOLAIRE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Bien. Maintenant que toi et moi on est sur la même longueur d'onde, tu vas arrêter de prendre les vampires pour des cochons d'Inde albinos et tu vas montrer un peu de respect à ses prédateurs terriblement magnifiques, emprunts d'une sauvagerie sans commune mesure et qui font passer Satan pour un putain d'angelot à poil qui jouait de la cithare dans les jupes de son père il n'y a encore pas si longtemps.
Sinon, je t'arrache la jugulaire avec mes canines humaines ridicules.

Bref.

Les Radley sont une famille de vampires qui ont décidé de vivre selon les règles du Manuel de l'Abstinent. Une sorte de Bible pour vampires qui se sont découverts une conscience et qui se refusent aux massacres auxquels leur espèce les prédisposent.
(Là je pleure)
En gros, le Manuel de l'Abstinent les encouragent à vivre selon le mode de vie humain : manger normalement, acheter une maison et avoir un monospace, être une famille humaine normale en somme. Sauf que Mr et Mme Radley n'ont jamais dit la vérité à leurs enfants. Deux adolescents au physique peu avantageux, pas très populaires au lycée, mal dans leurs peaux...etc...

Forcément, ça ne pouvait que chier dans la colle cette histoire.

Clara, la fille, qui est une fervente protectrice des animaux et qui a décidé de devenir végétarienne, va a une soirée organisée par les mous du bulbe de son lycée. Un des australopithèque de l'équipe de basket va tenter de la violer et du coup, Clara va le bouffer. Purement et simplement.
S'en suit donc la découverte du terrible secret de leur nature par le frère et la sœur, la course contre la montre pour cacher le corps du défunt gogole sous stéroïdes et tout un enchaînement d'événements qui va détruire la petite vie tranquille et rangée des Radley.

Je passerais outre le fait que la base de l'histoire elle-même n'est pas crédible. C'est censé être un roman léger et sans prises de tête.
Pourtant prises de tête il y a.

L'histoire n'a aucun sens. Les événements s’enchaînent sans qu'on les approfondissent, sans même qu'on s'y arrête réellement. Il n'y a aucune logique dans les actes des personnages qu'ils soient humains ou vampires. Et je ne parle même pas de la brigade spéciale et "secrète" de la police chargée de s'occuper des vampires parce que là, c'est le comble du foutage de gueule. L'auteur met un point d'honneur à nous expliquer que l'existence des vampires est un secret, que seules quelques élites gouvernementales et policières sont au courant, et voilà que la chef de la brigade spéciale débarque et révèle tout au commissaire d'un patelin paumé en 30 secondes chrono.

Nous n'avons pas la même définition du secret cher Matt Haig.

Sinon. Le style est passablement banal. Ni bon, ni mauvais. Ca se lit et ça ne demande aucune sorte d'effort intellectuel.
Ah si. Chose horripilante : les répétitions concernant Rowan et son physique peu avantageux.

On a compris qu'il était vilain. Merci.

En fin de compte, pour une lecture sans prises de tête, j'ai trouvé que ce bouquin était un petit assassinat littéraire à lui tout seul.
Ca me rappelle à quel point on publie vraiment n'importe quoi de nos jours.


Donc, Les Radley, bienvenue dans mon Guantánamo Personnel. La famille Cullen se chargera de votre visite guidée.
N'oubliez pas la crème solaire, les scintillements picotent un peu.



Ma note :


5/20 
(parce que j'aime la couverture)

dimanche 16 août 2015

Je sais qui tu es - Yrsa Sigurdardottir


Quatrième de couverture :

Trois amis s'embarquent dans une drôle d'aventure : retaper en plein hiver une maison abandonnée dans un village désert de la région des fjords, à l'ouest de l'Islande, pour la transformer en gîte estival. Chacun a des motivations très différentes pour s'imposer ce défi : Gardar y voit une chance de s'extraire de la spirale des dettes et de regagner l'admiration de sa femme, Katrin, qui l'accompagne par pure solidarité conjugale. Leur amie Lif les suit parce qu'elle y voit une chance de faire le deuil de son propre mari, récemment décédé. Tous trois ont une chose en commun : ils s'attendaient à être seuls.
De l'autre côté du fjord, la police fait appel à Freyr, un psychiatre brisé par la disparition mystérieuse de son fils, trois ans auparavant, pour éclaircir les circonstances troubles du suicide d'une vieille femme. Il ne s'attendait pas à ce que cette enquête le ramène à son drame personnel.


Mon avis :

Quel bonheur de retrouver la plume si particulière des auteurs nordiques. Leur don pour poser l'ambiance direct, sans détours superficiels ou blablatages inutiles. Leur poésie dans la solitude des fjord isolés, perdus dans le brouillard, le sel marin et les secrets inavouables des petits villages de pêcheurs. Et surtout, la facilité qu'ils ont de nous balader d'un chapitre à l'autre.

Bref. Vous l'aurez compris, Je sais qui tu es est un petit bijou dans son genre.

On suit l'aventure de trois amis : Gardar et Katrin qui sont en couple et Lif qui est là pour tenir la chandelle avec sa parodie de chien. Ces gens-là sont déjà pas mal gratinés de la cafetière puisqu'ils décident d'aller retaper une maison abandonnée, en plein hiver nordique, dans le trou du cul d'une île qui elle-même se situe dans le trou du cul des fjords islandais.
Autant vous dire la joie qui se profile à l'horizon.
Comme à chaque fois dans ce genre de thriller du Grand Nord, les pauvres protagonistes qui nous intéressent n'ont d'autres choix que de se taper une balade en bateau de 6 plombes pour atteindre leur bicoque chérie et, par conséquent, se retrouve au milieu de nulle part, sans moyens de communication autre que les signaux de fumée ou les pigeons voyageurs. Ce qui ne les empêchent pas par ailleurs d'être dans la merde jusqu'au cou parce que le môssieur qui conduit le bateau ne doit de toute façon pas venir les récupérer avant plusieurs jours :
<< Ouais il risque d'y avoir une tempête moussaillon, alors mon radeau j'le ramène au port et toi et tes donzelles, vous resterez ici à tenter de survivre le plus possible pour faire durer l'intrigue. Mais promis, je viendrais récupérer vos cadavres quand le soleil s'ra revenu. >>

Parce que oui, bien entendu, ils pouvaient pas prévoir de passer leur permis bateau avant de se perdre dans le fin fond de la mer du Nord. Trop facile mon gars.

Bref. Les voilà donc sur l'île, prêts à entreprendre des travaux titanesques alors qu'ils n'ont aucune formation en la matière et, qu'en plus, la moitié du village les a prévenus que la maison a un passif...chargé.
Que de mystères autour de l'histoire du dit passif d'ailleurs, mais on se doute qu'ils ne s'agit pas de cacas papillons et de licornes.

En parallèle de nos dézingués du pompon, on a l'histoire d'un psy, Freyr, qui donne un coup de main à la police du fjord pour résoudre une enquête vraiment zarbi. Mais zarbi dans le bon sens. L'auteure nous mènent par le bout du nez du début à la fin. Et mon côté masochiste a surkiffé la chose. Qu'on soit clairs.

Je sais qui tu es, comme bon nombre de thrillers nordiques, a en plus ce soupçon de paranormal. Ce n'est pas qu'une question de criminel, de flics et de qui va gagner au final. Non. Les thrillers nordiques nous plongent dans les tréfonds de la psychologie humaine, dans la terreur qui habite le cœur d'un homme, dans les actes inexpliquées d'une femme, dans la cruauté qu'abritent les enfants ou l'innocence qui surgit au moment de la mort. Tout ça et beaucoup plus parce qu'il y a toujours cette idée que la punition ne vient pas que des vivants et que l'autre châtiment est bien pire que tout ce qu'on peut imaginer.
Je sais qui tu es, c'est les terribles secrets cachés dans un petit village et qui hantent la mémoire des gens. Des secrets qui rongent les fondations des maisons, font pourrir le bois et qui ravagent la terre. Et au milieu de ça, la mer, vicieuse et généreuse, mortelle et vivifiante, déchaînée et paisible. La mer qui prend une dimension presque anthropomorphique de par l'importance que lui octroie les habitants.
La mer, magnifique pour Freyr sur le continent, apaisante. Terrifiante pour trois amis sur une île, infranchissable.

Je sais qui tu es est donc une immersion totale dans la tête de deux personnes (Katrin, porte-parole des 3 comparses, et Freyr). Deux personnes qui, à première vue, n'ont absolument rien en commun mais qui doivent soudainement affronter leurs propres versions de l'Enfer Personnel. Et à quelques kilomètres de distance, ils vont connaître le même genre de terreur, de peur viscérale.
Et forcément, on se prend tout ça en pleine figure avec eux.

L'ambiance est lourde, constamment. Que ce soit au travers de l'isolation physique et géographique des personnages sur l'île, ou l'isolation psychologique et émotionnel de Freyr sur le continent. Les couleurs sont monochromes, fadasses, et les descriptions de l'environnement donnent envie de se terrer sous une couette pour ne plus jamais en ressortir. C'est froid, glauque et ça fout les jetons. Le paranormal n'aide pas à aborder la lecture de façon objective. On est happé par le bouquin et on s'enfonce en même temps que les personnages.
D'ailleurs, la fin a été une sacrée surprise pour moi et mes hypothèses.

Tout ça pour vous dire : lisez-le.
(Mais pas sur une île, ou dans une maison de campagne, ou la nuit. A part si vous êtes une warrior comme moi et que vous avez un balai Swiffer pour vous protéger des forces du mal.)



Ma note : 

20/20






mercredi 12 août 2015

Le Chardonneret - Donna Tartt



Quatrième de couverture :

Theo Decker a treize ans. Il vit les derniers instants de sa vie d’enfant. Survivant miraculeux d’une explosion gigantesque en plein New York, il se retrouve seul dans la ville, orphelin, et se réfugie chez les parents d’un ami pour échapper aux services sociaux. Mais cette situation ne pourra être que temporaire. Désormais Theo va comprendre très jeune, qu’il ne peut compter que sur lui-même. Tout ce qui lui reste de cette journée où il a perdu sa mère, c’est un tableau, une toile de maître minuscule, envoûtante, infiniment précieuse et qu’il n’a pas le droit de posséder. Mais il ne peut plus s’en détacher. Et elle va l’entraîner dans les mondes souterrains et mystérieux de l’art.

Mon avis :

Chef d'œuvre littéraire et artistique. Coups de pinceaux et de mots mêlés. Coup de cœur et cœur en miettes après cette lecture époustouflante.

Le Chardonneret c'est typiquement le genre de bouquin sur lequel je ne m'arrête pas, pourtant une femme remarquable me l'a offert pour Noël dernier et je dois dire qu'elle mériterait que je sacrifie trois moutons sur un autel en son honneur.
Ce livre est une ode à l'art, un véritable hommage à l'esthétique, l'éternité dans la beauté et la subjectivité des émotions humaines.

Pour être claire. Ce livre, à première vue, offre au lecteur une réflexion sur la notion simplissime du Bien et du Mal dans sa forme la plus primaire car, Theo Decker est un adolescent quand on commence le livre. Mais toute cette histoire va au-delà de ça. Au-delà des tergiversations d'un enfant pré-pubère qui est confronté à l'injustice qu'est la vie ou ses conséquences.

Avec Le Chardonneret on est confrontés aux émotions basiques de l'être humain : l'amour, l'amitié, la loyauté, la fidélité...etc. Tant de notions idéalistes et utopiques qu'on nous rabâche sans cesse à notre plus jeune âge. Sauf que Theo c'est nous. Nous, jeune orphelin, perdu dans les méandres des institutions sociales, prêt à fuir devant chaque policier, chaque représentant de la loi, mais attaché comme jamais à notre ville parce qu'elle est notre berceau. Notre foyer. La seule chose qu'on connait et qui nous rapproche du souvenir de notre bonheur.

Ce livre n'est pas un thriller basique. Loin de là. Il offre une perspective nouvelle.

La notion du Bien et du Mal au travers de la loyauté indéfectible qu'on éprouve pour les gens qu'on aime. Alors oui. Je vous vois hurler derrière votre écran : rien d'neuf à l'horizon, c'est du revu et du réchauffé.

Mais non.

Notre société et sa moralité est dictée (qu'on le veuille ou non) par les préceptes religieux. Par cette notion fantasmée de l'Enfer et du Paradis, de Satan et de Dieu. Mais Le Chardonneret nous offre un nouveau point de vue : celui du choix dicté par l'amour de l'Art. Par l'amour du passé, de la filiation, du souvenir et de l'héritage émotionnel. Dans ce bouquin on se moque du Bien et du Mal. Tout ce qui nous intéresse c'est l'amour d'un fils pour sa mère, pour son éducation et pour la transmission de sa passion.

Il n'en fallait pas plus pour me convaincre.

Les 1102 pages n'ont pas réussi à me faire peur. N'ont pas réussi à me lasser.

Parce que derrière ces 1102 pages, il y a des mots emprunts de poésie, de beauté, et d'idéalisme esthétique. Et quand on aime l'art, et quand on aime les thrillers, on ne peut que succomber.

Theo Decker c'était moi à l'adolescence. Devant un tableau vu dans un livre scolaire. Moi devant La Réminiscence Archéologique de l'Angelus de Millet par Dali. Moi prête à verser des larmes devant une peinture qui n'avait aucun impact émotionnel sur la plupart des gens de ma classe pour une seule et unique raison...

Pour moi, c'était ça la parfaite définition de l'éternité de l'Art.

Dans l'hommage. Dans la transmission. Dans l'héritage.

Parce qu'après tout. L'Art n'est pas différent de l'Amour.

Et on est prêts à tout quand il s'agit de ça.



PS : Ouais ma chronique ne sert à rien mais chaque détail risque de vous spoiler x100. Donc. Lisez-le :D !


Ma note : 

20/20 ++






mardi 12 mai 2015

Le dernier loup-garou - Glen Duncan



Quatrième de couverture :

Jake Marlowe est le dernier de sa race.
Pourchassé par des tueurs fanatiques qui ont juré de lui trancher la tête, protégé contre son gré par une organisation secrète désireuse de vivre au grand jour, Jake a décidé d’arrêter de fuir. La prochaine pleine lune sera sa dernière.
« Va où tu peux, meurs où tu dois. »
Mais pour le vieux loup-garou suicidaire et blasé, rien ne va se dérouler comme prévu.
Par définition, l'amour est imprévisible.


Mon avis :

Force est de constater que Monsieur Duncan a une plume qui me parle. Après Moi, Lucifer, je trépignais d'impatience à l'idée de me replonger dans l'univers de l'auteur, de retrouver ses sarcasmes, son cynisme et ses descriptions coïtales poétiques. Alors quand au détour d'un rayon de la Fnac, je suis tombée sur ce bouquin, j'ai succombé.

Purement et simplement.

Il faut dire que l'univers vampires/loups-garous/monstres en tout genre c'est un peu mon dada depuis gamine. Et après ma brève rencontre romanesque avec Twilight, il fallait que je me soigne. Genre Fen-shui purificateur et grand exorcisme vaudou avec sacrifices de chèvres et compagnie. Au moins ça. Du coup, quand je vois de vrais auteurs écrire sur le sujet, je n'hésite pas une seconde à me plonger dans le livre histoire de me souvenir que, non, les vampires, en vrai, ça ne brille pas comme une boule à facette disco, ça crame.
Bref.
Glen Duncan m'a comblée. Encore une fois. Il est clair que sa plume ne plaira pas à tout le monde. Voire, à personne d'autre que moi. Mais tout de même. Son style est effilé, d'une précision chirurgicale. Efficace, travaillé, perfectionné. Chaque mot est à sa place, chaque virgule a un sens et même si les tergiversations existentielles de Jake Marlowe peuvent paraître pesantes à certains moments, la beauté de la grande littérature rattrape le tout. L'auteur sait parler, et sait écrire. Il n'y a pas de doutes. Du coup, pour moi ça fonctionne. Et ça fonctionne vraiment bien.

On suit donc le dernier loup-garou de la Terre. Un hybride blasé, usé par les siècles et surtout par la race humaine. Jake c'est un peu le Jiminy Cricket des temps modernes. Mieux que la voix de la conscience, la voix de la vérité. Il parle, confie, explique, décrit, les déboires et la superficialité du monde. Des années qui passent mais qui n'apportent aucun changement, des générations qui périssent et s'épuisent sans prendre la peine d'évoluer pleinement. Jake Marlowe c'est la réalité dure et froide qu'on se prend en pleine gueule. Plus que des remises en questions, mais bien une prise de conscience sur les artifices d'un siècle où l'Homme ne sait plus qu'exister qu'à travers son propre égoïsme. C'est ce qui me plaît chez Glen Duncan : sa capacité à détester l'être humain avec un talent pour la narration quasi parfait.
Même l'histoire d'amour est d'une beauté presque douloureuse. Les personnages de l'auteur sont très bien travaillés, tous transcendés par leurs imperfections et leur "humanité". J'ai beaucoup apprécié les mises en perspective et parallèles de deux mondes distincts qui s'affrontent sans cesse : la génération vieillissante de chasseur de loup-garou face au loup-garou éternellement jeune et beaucoup plus âgé mentalement. Ce livre c'est ça : un condensé de contradictions et de paradoxes qui représentent à merveille l'humanité.

Pour un premier tome, l'histoire est finement posée. On ne se pose que très peu de questions à la fin puisque Jake, grand narrateur de cet opus, nous a donné toutes les clés pour appréhender la suite.

Bon, seul point négatif (et encore, pas vraiment négatif) de ce bouquin c'est la fin. Tout le récit est presque lent, de par toutes les descriptions et états d'âme de Jake. On voit que l'auteur nous permet de réfléchir, de se poser pendant la lecture histoire de bien percevoir tout le poids de ses mots. Et la fin, elle, est ultra rapide. Tout s’enchaîne rapidement, brutalement, et le lecteur se retrouve subitement à la dernière page sans très bien comprendre comment il est arrivé là.
Mais encore une fois, c'est le génie de Glen Duncan : écrire des personnages auxquels il est impossible de s'identifier, tout en obligeant le lecteur à s'immiscer intimement dans une vie qui lui parle.

En résumé, un pur chef d'œuvre du genre qui m'a réconciliée avec le "parler gras" et la "vulgarité poétisée", tout en me donnant une envie viscérale de me jeter sur la suite.



 Ma note

19/20


mardi 2 décembre 2014

Meurtres pour rédemption - Karine Giébel




Quatrième de couverture :

Marianne, vingt ans. Les miradors comme unique perspective, les barreaux pour seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière. Une vie entière à écouter les grilles s'ouvrir puis se refermer. Indomptable, incapable de matriser la violence qui est en elle. Marianne refuse de se soumettre, de se laisser briser par l'univers carcéral sans pitié où elle affronte la haine, les coups. les humiliations. Aucun espoir de fuir cet enfer. 
Ou seulement dans ses rêves les plus fous. Elle qui s'évade parfois. grâce à la drogue, aux livres, au bruit des trains. Grâce à l'amitié et à la passion qui l'atteignent en plein coeur de l'enfermement. Pourtant, un jour. l'inimaginable se produit. Une porte s'ouvre. On lui propose une libération... conditionnelle. "La liberté Marianne. tu dois en rêver chaque jour, chaque minute, non ? - Oui". Mais le prix à payer est terrifiant. 
Pour elle qui n'aspire qu'à la rédemption...


Mon avis :

Livre coup de coeur. Livre coup de poing. Livre poignant.

Ca résume bien la chose.

Meurtres pour rédemption est un témoignage bouleversant de ce qu'il se fait de pire dans le milieu carcéral français. Témoignage bouleversant parce qu'il m'a foutu les tripes à l'envers tout au long de ces 988 pages. Et je ne suis pas du genre petite nature qui a la larmichette à l'œil quand des vilains-tout-pas-beaux font des trucs méchants dans les livres. Au contraire. Je suis plus du style à apprécier la chose avec un sourire sadique, tout en prenant des notes pour les futures tortures que je pourrais infliger à diverses personnes de ma connaissance.
Sauf que là. Je dois bien avouer que c'était difficile de faire passer mes fuites lacrymales pour une allergie à la connerie humaine.
Marianne. Comment expliquer Marianne. Je suis tombée amoureuse d'elle. De sa force. De ses faiblesses. De sa folie. De ses vices. Je suis tombée amoureuse de cette psychopathe qui ne s'assume pas, parce que justement, elle ne s'assume pas. Marianne est typiquement le genre de personnage qui dérange parce qu'on ne peut décemment se résoudre à l'aimer. Elle a fait des trucs moches. Et par trucs moches, j'entends tuer-des-gens-à-coups-de-kicks-dans-la-gueule. Mais elle ne l'a pas fait exprès. Et honnêtement, ça pardonne tout.
Ouais. Je suis une fille qui pardonne vite comme ça.
Je peux aussi vous filer mon 06 si vous avez besoin d'aide pour faire disparaître un corps.
Marianne qui m'a touché plus que je ne souhaiterais l'avouer. Avant, pendant et après ma lecture. Marianne qui ne me lâchait pas. Jamais. J'ai finis par vivre au travers d'elle, au travers de son histoire. Au travers de ses douleurs et de ses espoirs. Ca a été un peu un choc. Cela faisait une éternité qu'un personnage ne m'avait pas chamboulée de la sorte. Et quand j'ai commencé le bouquin, je ne m'attendais pas à ça. Pas comme ça du moins.
Parce que je suis tombée amoureuse de ce petit bout de femme. Femme qui mériterait une médaille malgré son CV de serial killeuse en herbe.

Pour parler de Meurtres pour rédemption, il faudrait que je vous la joue intello sur le retour. Le style un peu hippie qui milite contre le port des armes aux US alors qu'il habite à Albuquerque. Sauf que vous me connaissez maintenant, et en plus, je suis plus du style à me balader avec une kalachnikov dans mon string léopard.

Ce bouquin est une critique virulente et justifiée de l'univers carcéral français. De ses déboires. De ses limites. Mais surtout, une satire de la société d'aujourd'hui. Parce qu'au-delà de Marianne, c'est la vision qu'on en a qui nous revient en pleine face. Cette vision grotesque de la meurtrière jugée qu'on est bien content de savoir derrière les barreaux. Et c'est là que j'offre une standing ovation à Karine Giébel pour son tour de force.
Marianne est considérée comme la vermine à exterminer dès les premières pages du livre. On le ressent comme tel. On aime que ce soit le cas. Et quand elle se fait choper. On en mouillerait presque notre pantalon d'extase. Sauf que, les connards qui représentent l'administration judiciaire française finissent par nous déloger de notre petit nuage de condescendance et de bienséance gerbantes et on se fracasse le dentier sur le bitume. Proprement.
Sans pincettes. Sans lubrifiant.
Et c'est pas plus mal.
Karine Giébel nous parle du quotidien des détenus. De leurs souffrances. Du rejet qu'ils subissent. Constant. Violent. De cette déshumanisation régulière. Privés de nom. D'identité. De liberté. Mais aussi de pudeur. De solitude. De silence. Privés du droit d'être. Entre eux, face aux matons, face à la société et, la majeure partie du temps, privés d'être face à eux-mêmes. Elle parle de cette prostitution obligatoire en prison quand on a pas de mandats. Quand on a pas de famille qui assume derrière. Etre obligée de vendre son corps pour un paquet de clope, un fix, une brosse à dents ou parfois juste pour manger à sa faim. Elle parle de ce moment terrible où le prisonnier réalise que son avenir c'est ça : une heure de promenade par jour et des serrures qu'on ouvre ou qu'on ferme constamment. Mais parce qu'elle parle de ça, Karine Giébel réussit l'exploit de parler le mieux d'un sujet plus vaste, d'un sujet qui nous touche forcément : l'humanité.

Et j'ai adoré ce livre pour cette raison en particulier. Quand je fermais Meurtres pour rédemption, je ne pensais pas à Marianne comme la prisonnière qu'elle est. Mais comme une jeune femme qui vit des trucs terribles et qui tient le coup. Pas parce qu'elle n'a pas le choix. Mais parce que, malgré tout, elle s'accroche à sa dignité. Ou le peu qu'il en reste. Et même si ça paraît ridicule dis comme ça. Même si ça paraît futile. Au milieu de l'enfer dans lequel on l'a collée, Marianne et son lambeau de dignité font figure de héros légendaires. Je me suis même dis au cours de la lecture, qu'Hercule était une vraie gonzesse avec ses 12 travaux.
Bref.
Meurtres pour rédemption c'est gore, sanglant parfois, c'est de la torture psychologique et émotionnelle aussi. C'est dur, c'est violent, ça donne envie de tuer pas mal de gens à chaque coin de rue et c'est pour ça que ça vaut le coup.
Parce que je suis tombée amoureuse de Marianne alors que tout me poussait à la détester. Parce que ces 988 pages ne laissent aucun répit au lecteur tout comme elles ne laissent aucun répit aux personnages. Parce que les relations dans ce bouquin nous donnent matière à réfléchir sur nos propres relations dans la vie. Sur les gens. Leurs caractères. Sur la vision qu'on a d'eux et celle qu'ils ont d'eux-mêmes. Parce que tout au long du livre, je n'ai pas cessé de me dire que Karine Giébel nous rappelait là un truc essentiel.
Entre ce que les gens sont et ce qu'ils disent être, il y a comme une légère différence. Comme un gouffre. Un peu comme toi et moi et le prisonnier dans sa cellule qui purge perpét'.
Parce que malgré tous mes efforts, je n'ai pas réussi à détester les "bonnes" personnes. Parce que Meutres pour rédemption fout tous les clichés de la logique en l'air et qu'au final, les prisonniers deviennent beaucoup plus humains que les matons ne le seront jamais. Parce que les matons sont les archétypes même de ce qui devrait pourrir en prison. Justement. Et que malgré la puanteur du stéréotype du vilain-maton-méchant qui vous hérisse le poil d'ici (je le sens), il y a quelques exceptions qui nous mettent du baume au cœur. Qui nous empêche de vouloir tuer tous les gardiens de prison.
Parce que dans Meurtres pour rédemption, il n'y a pas de simples prisonniers et de simples matons. Il y a juste des gens foncièrement bons ou mauvais, peu importe le côté de la cellule qu'ils occupent.


Alors merci Karine Giébel. Merci pour cette claque dans la gueule qui durera bien au-delà de ces 988 pages. 


Ma note : 

20/20


mercredi 12 novembre 2014

Glitch Tome 3 - Insurrection - Heather Anastasiu




Quatrième de couverture :


La bataille ultime est proche de son terme, et tout espoir semble s'être envolé : Zoé et ses compagnons de la Résistance battent en retraite après avoir perdu leur base et leur chef. Ils sont écrasés en nombre et en puissance de feu par l'omnipotente corporation qui a asservi le monde. A sa tête, la cruelle Chancelière est à deux doigts d'exécuter un plan à même de détruire la quasi-totalité de l'humanité.
La seule option qu'il reste à Zoé, c'est de réaliser son rêve de toujours : mettre un terme à l'odieux système du Lien, et de ce fait libérer la population du joug informatique qui bride leurs pensées et leurs émotions, en espérant ainsi déclencher une révolution. La mission de Zoé d'infiltrer la redoutable Communauté est presque impossible, mais elle est pourtant la seule à pouvoir la mener à bien.
Pire, les visions prémonitoires d'Adrien se scindent désormais en deux futurs bien distincts : l'un où, ensemble, Zoé et lui réussissent, et l'autre où l'humanité glisse vers l'extinction... Et tout repose entre les mains de Zoé.


Mon avis :


J'ai entamé cette lecture sans grand espoir. Ni enthousiasme. D'ailleurs. Après la déception qu'avait été le Tome 2, je m'attendais à subir ce livre comme on subit une opération des dents de sagesse : nécessaire mais pas franchement réjouissant.
Je dois pourtant avouer qu'Heather Anastasiu m'a agréablement surprise.

Okay, ça c'était le compliment le plus hypocrite de ma life.

En gros, Heather Anastasiu m'a agréablement surprise parce que j'ai découvert le secret ultime pour adorer sa trilogie : prendre mon cerveau et le poser sur ma table de chevet juste à côté de mon esprit critique et sa virulence. (Oui mon esprit critique a une vie propre).
Du coup la lecture s'est super bien passé après l'extinction complète de mes neurones.

Ce Tome 3 a au moins le mérite de démarrer sur les chapeaux de roues. Dieu merci, l'auteure a laissé de côté ses blablatages inutiles pour embarquer son lecteur direct dans l'action, le suspens et l'évolution de l'intrigue. On retrouve les personnages qu'on connaît et qu'on déteste apprécie avec beaucoup de ferveur. Les dialogues sont...Hum...Et bien. Nos personnages parlent entre eux, ce qui semble logique puisque nous parlons ici de livre et leurs relations prennent une toute nouvelle dimension.
Je pense notamment à la relation Adrien/Zoé. Celle que j'avais exécré avec chaque fibre de mon être. Dans ce Tome 3 elle évolue et devient supportable, pour ne pas dire agréable, puisqu'ENFIN, Adrien ne ressemble plus à un Bisounours qui vient de s'enfiler une cargaison de Poppers mais à un être humain normal qui ressent des émotions de temps à autre. Et quel soulagement ! Okay, on a encore le droit à un peu de niaiserie et du cul-cul la praline de première catégorie. Mais en même temps, je ne m'attendais pas à ce qu'Heather Anastasiu découvre sa dignité entre les pages de son manuscrit.
En gros Adrien devient un parfait connard qui m'a fait frissonner de plaisir, alors que Zoé devient encore plus insupportable dans son sentimentalisme à deux francs six sous. A lire ses réactions et ses états d'âme on croirait qu'elle a une gastro émotionnelle. Sauf que ça passe pas avec un Doliprane.
Bref.
J'ai apprécié l'évolution du pouvoir de Zoé. Ca me paraissait crédible même si c'était téléphoné depuis le premier tome. Mais là encore, Heather Anastasiu n'a semble-t-il pas de conscience. Ou de professionnalisme. Ou les deux. J'ai apprécié, certes, mais cette partie là du bouquin était longue. Répétitive. Chiante. Insupportable. Du coup j'ai apprécié mais juste pendant 30 secondes.

Mais tout ce Tome 3 promettait de nous offrir une bataille finale hors du commun. Etant la fin de la trilogie, il fallait bien clore cette histoire en beauté.
Bien.
Heather Anastasiu a du prendre des cours avec Ann Aguirre. Je ne vois que ça. Trois tomes que j'attends l'affrontement final entre Zoé et la Chancelière. Trois tomes que j'échafaude d'innombrables hypothèses quant à l'issue de cette trilogie. Trois tomes pour ça.
Remarque, l'avantage, c'est que ça m'a titillé l'égo et l'intelligence comme rarement dans ma vie.
Je veux dire, ça partait bien en soi. Le début du combat était même plutôt classe. Et puis, forcément, Heather Anastasiu a du avoir la flemme de lever son cul pour chercher un nouveau BIC parce que ça se finit en une demi-page. Comme ça. Là. D'un coup. Prend-toi ça dans les dents, l'abruti qui a payé 17,50 euros.
Je suis une femme tolérante. Okay, on dirait pas comme ça, je sais. Et je ne suis pas du genre paranoïaque atteinte de la cafetière qui voit des complots gouvernementaux partout. (Mulder si tu m'entends). Mais concrètement, là, il ne peut s'agir que de complot. Elles se passent le mot entre auteures de littérature jeunesse.
 << Tiens, la sal*** qui nous crache sur la gueule dès qu'elle peut a encore acheté un de nos bouquins. Vas-y, rien à foutre, on lui bâcle la scène de la bataille finale, ça lui foutera les glandes comme ça. >>

J'ai dis que j'étais pas paranoïaque. J'ai rien avoué concernant la schizophrénie hein.

Bref. J'avais réussi à passer outre la médiocrité littéraire de Glitch. J'étais même partie pour faire un effort CONSEQUENT ! Je l'ai lu rapidement parce que j'avais vraiment envie de connaître la fin. Et là, on se fout de ma gueule avec une fin bidonnée, expédiée à la vitesse supra sonique, et EN PLUS, on me colle encore un épilogue qui élève La Croisière S'amuse au rang de chef-d'œuvre scénaristique.
MAIS QUE QUELQU'UN BRÛLE CES TERRORISTES !!!!!


En résumé : Une trilogie qui promettait monts et merveilles et qui avait un potentiel génialissime. C'était sans compter son auteure qui, si elle avait le malheur de croiser ma route, se ferait écrabouiller par ma personne comme une tueuse de poussins. OUI ! ELLE EST AUSSI DETESTABLE QU'UNE TUEUSE DE POUSSINS !
Glitch était une dystopie que j'avais hâte de terminer sauf que mes raisons ont changé en cours de chemin. C'est bien dommage toutefois, puisqu'il y avait vraiment matière à écrire quelque chose de pas mal. Sans pour autant être transcendant, mais assez bien ficelé pour satisfaire le lecteur.


Maintenant, c'est officiel, j'abandonne mes espoirs concernant la littérature jeunesse.


Ma note :

8/20